Les combats de mai 1940 en Brabant wallon

  

 

Le 10 mai 40, premier jour de l’invasion de la Belgique par l’armée allemande, les objectifs militaires du Brabant Wallon sont bombardés par l'aviation allemande. Sont principalement visés, les aérodromes, les nœuds ferroviaires et les voies de communication.

 

Le roi Léopold III fait aussitôt appel aux Alliés. Le plan Dyle est alors mis en application. Ce plan prévoit que les armées alliées pénètrent en Belgique jusqu’à la ligne KW et sa prolongation jusqu’à Namur soit la seconde ligne de défense, pensant que le gros de l’offensive allemande allait se situer dans la plaine au centre de la Belgique. Ce plan est appliqué à la lettre le 10 mai 1940 et ne subit aucune modification jusqu'au 13 mai, date à laquelle le Haut commandement français s'aperçoit enfin que les allemands n’ont pas l’intention de rééditer le plan « Schlieffen » de 1914 mais qu'ils passent en force par l'Ardenne belge, débouchant sur la ville de Sedan, très mal défendue ouvrant ainsi la possibilité d'isoler les armées franco-britanniques avancées en Belgique.

  

L’arrondissement de Nivelles se situe au centre de la ligne de feu. Peu de temps après l’invasion, les troupes motorisées françaises, le corps de Cavalerie Prioux, le traversent pour prendre position sur le front entre Tirlemont et Huy. Le 11 mai, trois divisions britanniques prennent position sur la Dyle entre Wavre et Louvain.

  

Le gros de la première armée française vise à s'installer le long de la ligne de chemin de fer entre Ottignies et Namur au lieu de se positionner le long de la ligne antichar Louvain-Namur. Les Français estimant vraisemblablement que cette ligne de chemin de fer constituait un meilleur obstacle face aux Panzerdivisionen.

  

 

Musée 10

 

Le 12 mai, dès 8 heures, les Allemands occupent Hannut sans combat. Toute la journée, de puissants bombardements s'abattent sur Jodoigne.

 

  

Le lendemain se déroulera la première bataille de blindés de la seconde guerre mondiale avec 400 chars du côté français et près de 700 chars du côté allemand. Les Allemands franchissent la Gette, submergent les Français à Orp et continuent leur progression vers Marilles et Noduwez. Cent vingt chars ennemis convergent alors vers Jandrain qui est encerclé. La bataille tournera à l'avantage des Allemands, mais, des deux côtés, les pertes sont lourdes et la mission du Corps de Cavalerie Prioux est accomplie, permettant aux troupes françaises de la 1ère Armée de s’installer entre Wavre et Namur.

  

Les troupes se replient alors graduellement derrière la ligne KW tandis que la 1ère Division de Chasseurs Ardennais, la Bataillon Motocycliste et le 3ème Régiment de Cyclistes sont positionnés dans Perwez et le long de la ligne antichar jusque Liernu.

  

Le 14 mai, les armées alliées sont en place : de Louvain au sud de Wavre, cinq divisions britanniques, et du sud de Wavre au nord de Namur, six divisions françaises.

 

Les Allemands maintiennent leur pression. Dès l'aube du 14, ils avancent et commencent à tâter le dispositif dans la région de Walhain-Saint-Paul, Chastre, Ernage et Gembloux, où de violents combats se déroulent jusqu'au 15 mai, ce qu’on appellera plus tard la Bataille de Gembloux. Les Français y résistent brillamment.

 

 

Le 14 mai, la vallée de la Dyle est également en état de choc lorsque l’infanterie allemande entre en contact avec les Britanniques pendant que des tirs soutenus d’artillerie se déclenchent de part et d’autre. Le 15 mai, l’acharnement des Alliés à défendre cette partie de la « Ligne K.W. » relève encore l’intensité de la bataille, ce qui amena les Allemands a surnommé cette bataille l’« Enfer de la Dyle ».

 

Sur l’ensemble de la ligne de front en Brabant Wallon, les combats sont très rudes et les pertes importantes.

 

Néanmoins, le 16, la décision de repli est prise par les troupes franco-britanniques afin d'éviter l'encerclement de l'armée alliée et cela, alors que la conjoncture le long du front était loin d'être défavorable. La percée de Sedan dû au fait que les Allemands sont passés en force par l’Ardenne Belge pour déboucher sur Sedan, provoquant la chute du dispositif français « Sud », risque ainsi d’isoler les armées franco-britanniques avancées en Belgique.

 

C’est pourquoi, le 17 mai 1940, l'ensemble de l'arrondissement de Nivelles, de même que Bruxelles et Anvers, sont occupés graduellement par les troupes du IIIème Reich.

 

----------------------------------------------------------------------------------